Isabelle Bhend | 13.03.2018

Pour des médicaments au juste prix

La jungle qui règne sur le marché des médicaments peut être déroutante. De plus, les écarts de prix pratiqués entre les médicaments et les génériques contribuent à accroître cette confusion. Nous montrons comment les prix des médicaments sont fixés et comment on pourrait les réduire.

Les médicaments se composent de substances actives et d’adjuvants. Ils peuvent soigner, soulager ou prévenir des maladies. Il faut compter en moyenne 8 à 12 ans avant qu’un nouveau médicament soit disponible sur le marché. Ce processus comprend d’une part la période de recherche et d’autre part aussi de longs processus concernant l’autorisation des préparations originales. Sont appelées préparations originales les médicaments pour lesquels le fabricant dispose d’un brevet concernant la substance active. Dès que le brevet a expiré, les autres fabricants peuvent également produire des médicaments contenant la même substance active et les vendre en tant que génériques.

Comment sont fixés les prix des médicaments?

Le prix de vente d’un médicament obligatoirement à la charge des caisses est fixé par l’Etat. Ce prix comprend les frais de distribution, le prix de fabrique, la redevance de vente de 5 francs maximum par emballage vendu et la valeur ajoutée (2.5%). Pour les génériques, il n’y a plus d’investissement en termes de recherche. C’est pourquoi ils sont 10 à 60% meilleur marché que la préparation originale.

Quels médicaments sont payés par l’assurance-maladie?

L’assurance-maladie ne prend en charge que les coûts des médicaments qui figurent dans la liste des spécialités. Celle-ci compte actuellement environ 2900 médicaments. Cette liste est gérée par l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). En revanche, les génériques ne figurent sur la liste des spécialités que s’ils sont au moins 40% meilleur marché que l’original. La bonne nouvelle: le marché des génériques a connu une forte croissance au cours des dernières années. En outre, bien que la Suisse se classe encore derrière les pays voisins en comparaison internationale, nous pouvons constater également dans notre pays une augmentation des génériques.

Notre point de vue concernant le débat sur les médicaments

Nous apprécions la grande performance réalisée par l’industrie pharmaceutique et la recherche en Suisse. Nous sommes toutefois convaincus que l’on pourrait davantage économiser sur les prix des médicaments, par exemple en accélérant les mécanismes d’autorisation des nouveaux médicaments. Moins de charge signifie également moins de frais. En outre, nous attendons que tous les prix des médicaments soient ajustés annuellement au cours de change réel de l’euro et pas comme c'est le cas jusqu’à présent uniquement tous les trois ans. Etant donné que les prix des médicaments sont plus élevés en Suisse en comparaison avec les pays voisins, les patients/es doivent également pouvoir se faire rembourser par la caisse-maladie les médicaments qu’ils/elles ont achetés meilleur marché à l’étranger. A l’avenir, Visana souhaite qu’un plus grand nombre de génériques figurent dans la liste des spécialités. Cela requiert une entrée sur le marché simplifiée pour les génériques avec des prix plus bas.

Informations sur l'auteur

Isabelle Bhend

Je travaille au sein de la Communication d’entreprise de Visana depuis 2014. Mes amis/es me disent souvent: la caisse-maladie? Quel ennui! Mais pas pour moi. Je m’intéresse beaucoup à l’évolution du contexte économique et politique. Et en tant que passionnée de nouvelles technologies, je suis très heureuse de participer à des projets de numérisation au sein de l’entreprise. Adepte de randonnée, de ski, de plongée, mais aussi de voyages, je suis très active dans ma vie privée.